Expatriation #2 | Un terrain semé d’emmerdes d’embûches

La préparation d’une expatriation est une période pleine de joies, de peines, et de rebondissements. Ça, c’est qu’on te dira.  Pour être tout à fait honnête, c’est plutôt une période pleine d’emmerdes. Et encore, je nous estime chanceux, l’entreprise du Cher-et-Tendre nous prémâchant le travail aidant beaucoup. Je n’ose même pas imaginer le drame si tu dois faire toutes les démarches par toi-même.

Mais commençons par le commencement, si tu veux bien : un jour, c’est bon, tu reçois le go pour ton expatriation (ou, comme dans notre cas, tu n’as jamais reçu le “OK” définitif, mais la tonne de paperasse que tu as dû  remplir ainsi que le rendez-vous à l’ambassade semblent d’indiquer que c’est bien parti!). Première réaction : tu es content, extatique, hystérique même. C’est là que les emmerdes ennuis commencent.

Déjà, il faut l’annoncer. A la famille, aux proches, aux amis, en sachant pertinemment que tu vas en réjouir certains (faut pas se voiler la face, hein, j’en connais deux-trois qui sont ravis de me voir les talons) et briser le cœur de certains autres (grand-maman, si tu me lis!).  Et là je te préviens, parce que c’est très drôle, tu auras le droit à tout. Et quand je dis “tout”, je pèse mes mots.

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Petit florilège :

D’abord, partons positif, tu as la personne qui est sincèrement contente pour toi. Sur le cul, mais qui te soutient à fond. Profite de celle-là, c’est pas elle que tu vas rencontrer le plus souvent.

Ensuite, tu as celui qui s’en fout. Il est content pour toi, parce qu’il t’aime bien, mais les États-Unis, il déteste, donc ça ne lui fait ni chaud ni froid.

Tu vas aussi rencontrer le paranoïaque, celui qui croit à la théorie du complot, qui est persuadé qu’on nous manipule (La carte cumulus? Le service des renseignements en camouflage! Les USA? Le mal! Obama? Le cerveau du complot!) Profite bien de celui-là, premièrement parce qu’il est rare, deuxièmement parce qu’il est très, très drôle.

Le jaloux, lui, va prendre différents visages. Sois prudent : sans faire attention on peut facilement le ranger dans la première catégorie, tant ses sourires et ses courbettes semblent sincères. Quoiqu’il en soit, tu le reconnaîtras grâce à sa mauvaise foi, parfois, à son côté Caliméro qui aimerait bien être à ta place, souvent, et au fait qu’il en fait des tonnes, toujours.

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Parmi tes rencontres, il y aura aussi l’expert, celui qui connait quelqu’un, qui connait quelqu’un, dont la petite-cousine par alliance a eu un permis de travail en claquant des doigts, et qui comprend pas pourquoi tu t’emmerdes à remplir toute cette paperasse! (A ce sujet je t’invite à lire le super article de jetlagandothercomplications qui traite du sujet!)

Et puis, dans le désordre, le dubitatif (et un peu expert) “et tu dis que tu vas obtenir un permis de travail… Je pense que tu réalises pas bien la difficulté d’un tel processus aux States” (oui, l’expert ne dira jamais “en Amérique” ou “aux USA”, c’est trop mainstream), le désespérémais TU PEUX PAS me laisser” (it’s a wild wild world, baby) ou encore l’intéressé “génial, je pourrais venir à New York gratuitement” (!).

Cette liste n’est point exhaustive et je t’encourage vivement à l’étoffer, par exemple en me laissant un petit commentaire.

Après cette phase douloureuse, donc, ou carrément marrante (soyons positifs!), vient le temps de la paperasse, celui où tu dois donner ta biographie complète, ton groupe sanguin, la taille de chaussures du petit cousin de la voisine, et un de tes reins (Bons princes, ils t’autoriseront à garder le second!) Ne t’inquiète pas, tout ceci fera l’objet d’un autre post, car je n’en suis qu’aux balbutiements de cette phase là, mais je la sens déjà corsée, vois-tu?

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Photos : New York, 2013

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