Ma vie d’expat #2 | Recherche appartement (désespérément)

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Quelques jours après notre arrivée en terres américaines, nous avons repris contact avec Alex, notre broker. (Je tiens à préciser ici que j’ai passé 3 mois à nommer le gus “Chris” avant de réaliser que je me trompais de prénom. Merci, bonsoir.)

L’appartement provisoire dans lequel nous logions ayant été réservé pour un mois, nous avions donc 30 jours devant nous. Alex, bien peu stressé par notre cause, nous informe qu’avant toute chose, il faut faire une demande de numéro de sécurité sociale (quand tu sais qu’il faut approximativement 15 jours pour l’obtenir, je me demande bien comment on aurait fait si on n’en avait pas déjà eu un!) En apprenant que cette partie est réglée, il semble d’un coup un peu emprunté et nous donne rendez-vous une semaine plus tard pour les visites, bien que, dit-il “on a encore largement le temps”.
Premier rendez-vous est pris “tôt le matin, afin d’en visiter beaucoup d’un coup”. Nous le retrouvons donc à 11h15. Effectivement, l’homme est du matin.

Avant de te conter certaines de nos visites, laisse-moi t’expliquer un truc concernant l’immobilier à New York : tout se paye. C’est à dire que quelle que soit le trou à rat l’appartement, le prix peut augmenter de façon drastique parce qu’il y a une vue (en se penchant bien loin par la fenêtre, à l’extrême gauche, en effet, je vois un bout de parking), parce qu’il y a un doorman (ou un type méga antipathique mais qui porte un joli costume avec casquette assortie), parce qu’il y a des machines à laver au sous-sol  (et parfois des rats. On ne le dira jamais assez, l’état de la buanderie trahit celui de l’immeuble), etcaetera, etcaetera. Bien entendu, la proximité du métro et la rue sur laquelle se trouve la perle rare peuvent facilement faire sauter la banque.
Pour te donner une idée, un studio à Manhattan coûte actuellement entre $1500 et $5000 par mois. Certes, le plus cher aura un fitness, une piscine, un doorman, une barre de pole dance dans le lobby, et sera situé à l’étage supérieur d’un bâtiment flambant neuf, sur une avenue centrée. Mais ça reste un studio.fleurs_1511h30, donc,  première visite, par une porte sous le niveau de la rue. Je sens le Cher-et-Tendre qui se crispe. Dans la boite à sardines l’ascenseur, nous sommes tous deux très zen. Le couloir, peint en vert pomme, se rétrécit à vue d’œil jusqu’à la porte de l’appartement. La première impression est bonne, puis on rentre dans la “chambre”. L’agent immobilier nous dit, sans se laisser démonter pas nos mines ahuries : “je pense que vous devriez pouvoir y caser un lit ‘full’.” (Le plus petit des lits doubles ici, 137 x 191 cm.) “Et si on y arrive pas?” je dis (j’ai toujours eu beaucoup de tact.) Pas de réponse. Ce jour-là, on visitera 10 appartements.
A ce moment-là, il nous explique gentiment qu’il va falloir commencer à se dépêcher parce que la fin du mois arrivera vite, et que plus on s’en rapprochera, moins de choix il y aura (!)

Le lendemain, rebelote pour 4 visites. Le Cher-et-Tendre a un coup de foudre à la 14e. On pose un dossier, à soumettre à la gérance lundi à la première heure (Alex s’est levé à 7h pour poser notre dossier. Connaissant sa vision de “tôt le matin”, j’ai trouvé ça plutôt cool!) On fait des plans sur la comète tout le week-end et lundi, Alex nous informe que la gérance a fait une “petite erreur” en tapant le prix de l’appartement. Il coûte $175 de plus que prévu (l’erreur de frappe de $175 dollars me parait fumeuse, mais je dis ça, je dis rien!) De plus, ils veulent 6 mois de loyer en garantie (!) et on doit emménager plus ou moins hier. On renonce.
A ce moment-là, Alex nous rassure en nous disant que nous ne sommes que le 15 du mois, et que la plupart des appartements se libérant en deuxième partie de mois, on a amplement le temps (!!)

On repart donc pour une troisième série de visites : l’appartement numéro 15 se trouve loin de tout dans l’UES, et bien que l’on ait mis 15 minutes (chronométrées) pour venir depuis l’arrêt de métro, la nana de l’agence nous affirme qu’il lui a fallu “30 minutes tout pile depuis West Village”. Soit elle a volé, soit elle nous prend pour des gros débiles gentils abrutis, je te laisse choisir.
Le concierge de l’immeuble nous accompagne pour la 17e visite. Il nous explique que le locataire vit encore sur place, puis ouvre avant de se faufiler dans l’appartement, me laissant juste le temps d’apercevoir un véritable champ de bataille. Outre l’odeur étrange d’une pièce dont personne n’a jugé bon d’ouvrir les fenêtres depuis belle lurette, la crasse accumulée dans la cuisine, la salle de bain et sur le miroir de l’entrée aurait fait faillir Danielle et Béatrice. (Si c’est pas de la référence culturelle ça !) En sortant, mon pied a collé au sol sur une dizaine de blocs.
A ce moment-là, Alex, qui semble perdre un peu patience, nous explique qu’il va peut-être falloir faire des concessions, car plus le mois avance, plus le choix se restreint (!!!)

A la fin de cette journée, un peu désespérée, je panique : “on trouvera jamais d’appart, on va finir dans la rue, on va se ruiner en hôtel et on devra finir par rentrer en Suisse, c’est finiiiii” (je t’ai déjà parlé de mon côté drama queen?)

Deux jours plus tard, pourtant, Alex veut nous montrer tout de suite un super appart, qui réunit la quasi-totalité de nos envies et besoins. Il a pas mal galéré à obtenir les clés, mais d’après lui, le jeu en vaut la chandelle car il sait que cet appartement va me plaire. Nous attendons sur les marches d’un immeuble typiquement New-Yorkais, datant des années 20, sous un petit arbre. Je trépigne d’impatience car, de l’extérieur, il ressemble à 100% à l’idée que je me faisais de ma vie à New York (et aussi parce qu’Alex a du retard. 😉 ) L’appartement qu’il nous présente a un mur de brique, une cheminée décorative, une cuisine minuscule mais séparée, flambant neuve, avec micro-onde et lave-vaisselle. La vue donne sur un petit jardin et, en levant la tête, on voit le Chrysler Building. Le prix est légèrement en dessous de notre budget maximal, et l’appartement est à 15 minutes des bureaux du Cher-et-Tendre, dans un quartier plein de restaurants et de bars. Je suis à deux doigts de tourner de l’œil de bonheur, il est beau, il est parfait, on le veut. Notre dossier est prêt, on remplit les formulaires et on va les poser directement aux bureaux de la gérance.

Deux heures plus tard, on va chercher les chèques pour la caution, et on signe le bail. L’appartement est à nous. Nous voilà habitants de Manhattan!fleurs_7

10 Responses

  1. Alalala… Cet article me rappelle des souvenirs, des semaines d’AirBnB avant de trouver “la perle” à 2500 balles… Autant dire un joli petit studio 🙂 ! C’est le jeu… Ton appart a l’air sympa en tout cas, j’adore la cheminée et les briques 🙂
    Bises,
    Laury

    1. Ahhh l’immobilier!!! Tu avais trouvé par toi-même? Dans quel quartier? Tu y es toujours? L’appart est top, on est très contents, c’est au moins ça! 🙂

  2. Il a l’air mignon votre petit cocon. En tout cas c’est très excitant de suivre ton aventure, j’ai l’impression d’y être ! En plus il est possible qu’un jour je sois dans la même situation car mon copain est italien et américain et il aimerait peut-être bien partir aux USA dans quelques années…

    1. Merci pour le compliment 😉 C’est une jolie perspective ça, j’espère que ça pourra se faire, car même si ce n’est pas la fête tous les jours, c’est quand même une expérience unique!

  3. J’ai angoissé et trépigné avec toi ! Et juste les deux photos et ta description et ton appart me fait rêver !
    C’est un rêve que de tenter l’expérience de vivre à New York, mais l’anglais et Mr. ça fait 1000, moi je bosse dans la fonction publique à Paris… je ne saurai ce qu’on pourrait faire pour y vivre ! C’est un acte manqué, même s’il ne faut dire “jamais”, je n’y crois pas trop 🙂

    1. Reviens samedi, tu verras la face sombre de l’appartement au demeurant parfait 😉 Comme tu dis, il ne faut jamais dire jamais, et puis une langue ça s’apprend, ça se perfectionne, rien n’est impossible!! 😉

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