Vie d’expat’ | Deux ans à New York

Tuesday 4 April 2017

Il y a deux ans, jour pour jour, je posais mes valises à New York, « pour de bon ». Et si je connaissais la ville pour y avoir vécu pendant 6 mois, ce 4 avril 2015 je n’avais plus de job, plus d’appart, 1 valise de fringues et, soyons honnêtes, pas vraiment de plan.

Deux ans, c’est rien et c’est énorme à la fois. Il s’est passé des choses chouettes, des choses moins chouettes, il y a eu des moments d’émerveillement, des moments d’étonnement, des moments « wtf » et quelques « j’en ai marre, je fais ma valise et je me casse! » La vie, quoi!

En deux ans, New York est devenu « chez moi ». J’ai trouvé du travail, j’ai lié des amitiés, j’ai appris à connaitre la ville et ses us et coutume. Mais malgré ces 730 jours passés dans cette Grande Pomme devenue « chez moi » (et je tiens aux parenthèses), je n’ai pas perdu mon sens critique, et certaines choses m’apparaissent encore complètement saugrenues ou carrément énervantes.

Je n’aime toujours pas:

  • Les cafards qui gambadent un peu partout, parfois jusque sur mon lieu de travail. Autant les souris et les rats, no problem, mais j’ai une sainte horreur de ce genre de nuisibles.
  • Ce concept de doubler les sacs en plastique au supermarché. Sans déconner Fairway, faites des sacs plus solides mais par pitié, arrêtez avec vos doubles plastiques!!
  • Prendre le métro. J’ai une sacro-sainte horreur du métro, ce n’est pour moi ni plus ni moins que l’antichambre de l’enfer. Heureusement, je n’ai désormais plus besoin du métro pour mon commute du matin. Et je ne sais dire si ce sont les odeurs corporelles en tout genre, celle de la clope (et plus si affinités), ou cette promiscuité forcée dès l’aube qui me manque le moins.
  • Que l’on te demande ton prénom pour tout et pour rien. La vendeuse dans le magasin, le conseiller de la banque, le médecin sur la table d’auscultation.
  • Et de l’autre côté du miroir, cette personne charmante qui a répondu à une amie, vendeuse, qu’elle « ne donne pas son nom à des gens comme vous ».
  • L’hiver à New York. Le froid polaire, le vent qui te transperce, et les puddles de neige fondue dégueulasse dans lesquelles tu enfonces ton pied jusqu’au mollet, ou à défaut qui t’empêchent de traverser la route.

Ça m’énerve:

  • Il n’y a jamais de lampe au plafond dans les appartements New Yorkais.
  • Les gens qui s’asseyent SUR moi dans le métro (oui oui, sur moi ! Manifestement, ma taille 36 et moi-même prenons trop de place!)
  • Me faire siffler dans la rue. MERDE! (Pardon!) (Je sais que c’est le quotidien d’un tas de filles – et ça, c’est le problème – mais d’où je viens, la plupart des mecs ont été élevés et pas que nourris, et j’ai pas l’habitude.)
  • Le manque de respect ambiant, par exemple au niveau du bruit: ça claque les portes, ça hurle sur les enfants pour leur dire de ne pas hurler (!), ça joue de la batterie à 8h le dimanche matin. Et ça ne voit pas le problème!
  • Cette faune stupide ayant voté pour Donald Trump, qui s’étend maintenant sur sa misère et son mécontentement.
  • Ces gens qui te bousculent / te marchent dessus / te claquent la porte au visage. Sans s’excuser.
  • La ligne « taxes » sur ma fiche de salaire. Tu pensais qu’il n’y avait pas plus ruineux que la Suisse en manière d’impôts? Tu t’es trompé!

Ça me surprend:

  • Qu’on puisse payer dans un magasin juste en récitant son code de carte bancaire à la caissière, sans avoir ladite carte avec soi!
  • Les gens qui ramassent des trucs sur le bord de la route. Personnellement, je change de trottoir rien qu’à la vue d’un matelas abandonné. Au cas où les bedbugs auraient appris à sauter pendant la nuit.
  • Que la majorité des gens n’aient que 10 jours payés de vacances par année et un salaire minimum à $9. Et que les studios à Manhattan coûtent minimum $2000 par mois.
  • Ce rapport étrange à l’argent, et des gens toujours ruinés, sans aucune économie pour les cas d’urgence.
  • Ces mêmes gens qui claquent des tonnes pour une nouvelle paire de chaussure ou un 3e cocktail, sur carte de crédit, alors même qu’ils savent qu’ils ne pourront pas payer la facture à la fin du mois.
  • Le bonus ($$) que te donne la banque quand, justement, tu payes tes factures en temps et en heure.
  • Le concept de cashback qui fait que plus tu dépenses, plus tu récupères de l’argent.
  • Le nombre de personnes qui font leur jogging dès qu’il y a un rayon de soleil.

Ça me fait rire

  • Les émissions talkshows qui crachent sur la politique et sur le système américain (John Oliver, je t’aime!)
  • Cette panique générale qui immobilise toute la ville à chaque fois qu’il tombe 5 cm de neige sur Manhattan.
  • Ces gens qui ne mangent pas de carbs (pain, pâtes, riz) mais qui s’envoient mimosas sur mimosas au brunch du dimanche. (« L’alcool, ça compte pas ».)
  • Ces gens qui se plaignent de ne jamais avoir de pognon, en sirotant leur 4e Café Latte Venti du jour.
  • Ces gens tout contents de te dire qu’ils ont cuisiné un truc, qui s’avère le plus souvent être un filet de poulet déjà assaisonné et des brocolis précuits de chez Trader Joe’s. (Ceux à réchauffer au micro-onde).
  • Cette passion dévorante pour les chiens, et cette habitude de s’arrêter pour caresser les plus mignons.
  • Ces filles qui ne sortent de chez elles que tirées à quatre épingles la semaine, brushing impeccable et ongles parfaitement manucurés.
  • Ces mêmes filles avec le cheveu sale, legging trop petit et UGG fuchsia, le dimanche, au supermarché.

Par contre, ça, j’aime:

  • Le wash’n’fold, cette invention merveilleuse, quoiqu’un peu onéreuse qui consiste à amener ton linge sale au pressing, et à récupérer le tout propre et plié.
  • Les magasins ouverts 24/7, ou presque. C’est quand même drôlement pratique.
  • La livraison de nourriture à domicile.
  • Les taxis jaunes.
  • Le same day delivery (livraison le même jour) offerte par certains magasins. En cas d’urgence et de flemme intergalactique.
  • Les bagels tout chauds du magasin en bas de chez moi.
  • Les geais bleus devant ma fenêtre.
  • Internet-le-Tout-Puissant. Ou cette révolution incroyable qui fait que, si je le voulais pouvais, je pourrais vivre sans quitter mon canapé que pour réceptionner les livraisons à ma porte.
  • Les restaurants, les bars, les cafés, les mille et une possibilités culinaires.
  • Les glaces, oh, les glaces!
  • Les bars cachés et leurs cocktails déments.
  • Les rooftops et leur vue incroyable.
  • La vue. Depuis le bas des immeubles, sur la skyline, sur le chemin du travail. Il y a toujours quelque chose à voir!

Cheers aux années à venir. Ici ou ailleurs!

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18 commentaires

sympa le bilan de ces deux années !
vu comme ça, on dirait qu’il y a plus de négatif que de positif ^^
C’est marrant le manque de civisme ne m’avait pas marqué au cours de mes 2 semaines là-bas. Mini de rien , je comprends que ça soit devenu chez toi. J’ai bien envie d’y retourner !

Je ne suis pas prête à changer de pays, pour les vacances ça va, sinon je suis bien dans ma région, dans ma ville, et même dans ma maison !!
Tu as eu du courage de partir sans trop savoir ce qui t’attendait !!
Je te souhaite un bon week-end. Bisous

hahaha ca m’a bien fait rire et c’est vrai que les gens vivent qu’avec le credit sans se soucier du lendemain ou des urgences de derniere minute ! et d’ailleurs beaucoup ont perdu leur maison et voiture quand l’economie a chutee parfois je me dis bien fait pour eux ils ne savent que depenser sans soucier du reste ! parcontre moi on me demande toujours de leur donner la carte de credit quand je la passe 🙂 fort heureusement tu me diras 🙂 la neige beuuurk j’ai vecu au canada 4 ans j’etais choquee par la salete de la neige loll et encore ici a Boston 🙂
Apres 10 ans a boston je peux dire que je me suis un peu habituée a tout surtout que c’est le meme systeme qu’a Montreal ou j’etais perdue les 6 premiers mois 🙂
bisous

J’ai adoré ton article, j’ai appris pleeein de choses! Je n’ai été qu’une fois aux USA (en Floride) mais j’aimerais bien visiter NYC.
Je ne sais pas si j’aurais le courage de m’expatrier si longtemps (je suis quand même très attachée à la France, surtout la nourriture 😉 ) mais ça doit être passionnant de découvrir une autre culture

C’est effectivement passionnant, un peu étrange mais c’est une belle expérience!

What a fun post, Amy! I seriously could comment on every single one of these items! But I can’t stop thinking about the hot bagels downstairs from your apartment. Seriously?? I’d eat so many bagels that I wouldn’t be able to fit through the door. Hah! And I totally agree with your opinion on the NY subway system. It’s a necessary evil as far as I’m concerned. Thanks for such a fun post!

Ahahah thank you so much David for your kind words! Have a wonderful week end,
Amy

Très chouette ton bilan des deux ans. Tu m’as bien fait rire 🙂
Tes photos ont une belle lumière.
Bises!

Merci beaucoup, ravie que mes photos te plaisent.

Merci pour ce petit tour en Amérique.
Bisous

Super cet article, moi qui adore les états-unis je reconnais dans ton article certaines choses que j’ai déjà remarquées. Pour les doubles sac plastiques ça se fait de plus en plus ici aussi, c’est vrai que ça ne rime à rien mais bon!!!

C’est fou quand même cette histoire de sacs plastique. En Suisse ils n’en donnent plus gratuitement, il faut les payer. Bises

j’adore lire tes article sur new york tu me donne envie d’y aller et en même temps de chérir mon chez moi bien français, qui sait un jour j’y passerais quelques jours de vacances!!!! gros bisous

Ravie que cet article te plaise 🙂 Et fais signe si tu y viens en vacances 😉 Grosse bises,

Mon frère vit en Floride depuis 2 ans et je crois qu’il n’a pas encore tout compris au système Américain.
Je lui mets un lien pour ton article.
bises.

Ça ne m’étonne pas, ils font rien comme les autres! :p Il se plait en Floride, ton frère? Bises

Je ne sais pas trop s’il se plait.
Il a des soucis pour ses papiers. Il bosse beaucoup et n’a pas vraiment le temps de profiter du pays.
Bon week-end, bises.

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